Sélectionner une page

Franchement pas la période la plus simple de ma vie. C’était en 2012, j’étais encore dans l’indécision la plus complète mais poussée à prendre mon envol. Divorcer quand on a des enfants, c’est une bonne idée ou pas? Voici mon histoire.

Un appel puissant au fond de moi

Je me souviens de ce matin-là comme si c’était hier. Je me suis réveillée, j’ai regardé autour de moi. Les mêmes murs blancs. La même fenêtre qui donnait sur les champs. Jaune à côté de moi. C’était le même matin que tous ceux d’avant. Je me sentais bloquée comme dans une boucle temporelle. Comme dans ce film « Un jour sans fin ». Pourtant tout allait bien en apparence. Mariage, boulots, enfants, appart et jolie voiture. Cet appel a été plus puissant que tout ce que j’avais construit les années précédentes. Comme un réveil de qui j’étais. Ce fût douloureux, pour moi et sûrement pour mes proches. Et pourtant je sentais que je devais le suivre. Quelque chose de plus fort m’appelait.

Divorcer quand on a des enfants??

Si la fin du couple amoureux n’était déjà pas simple à envisager alors que dire à propos de la famille ? Je me suis posé énormément de questions par rapport à cela. Je me sentais coupable rien que d’y penser. Et responsable des dégâts potentiels que cela allait avoir sur les enfants. Comment allaient-ils grandir ? Se construire ? Était-ce possible d’être équilibré avec des parents divorcés ? Les questions et les pires scénarios tournaient en boucle dans ma tête. Jusqu’à ce que je décide de voir la situation sous un nouvel angle.

Et si être moi et être bien était le plus important ?

Ok cela peut sembler un peu facile et simplement déculpabilisant de penser cela. Mais maintenant que j’ai testé et expérimenté je sais que c’était le bon chemin pour moi. Parce que quand je suis moi, et que je suis bien, je transmets mon énergie positive. Je suis pleinement présente avec mes enfants et avec les autres. Du coup mes relations sociales sont meilleures. Alors si moi je le vis bien d’être maman divorcée, en couple avec une femme, zèbre assumée et créatrice de mon propre boulot? Tu crois pas que c’est mieux pour mes enfants que d’avoir une maman malheureuse en couple et salariée semi-dépressive ? J’ai choisi en 2012, j’ai testé et aujourd’hui j’approuve. Je vis complètement l’exemple que je souhaite être pour mes enfants. Je suis moi à 100% et les actes sont bien plus importants que les mots en terme d’éducation.

Et en pratique ça donne quoi ?

J’avais un boulot à plein temps qui me permettait d’être autonome financièrement, donc de ce côté-là c’était vite réglé. J’ai quand même dû ouvrir un compte à mon nom pour que mon salaire ne soit plus versé sur le compte commun !! Ouais question autonomie j’étais pas encore au top 🙂

J’ai tout de suite proposé une garde alternée à Jaune. Cela m’a toujours semblé important que les enfants voient leurs deux parents autant l’un que l’autre. Il a accepté. Bien évidemment si cela n’avait pas été le cas d’emblée, j’aurais changé ma façon de voir les choses !

Bleue avait à peine 1 an. Donc les premières années la garde était partagée et les enfants changeaient de maison tous les deux jours. Puis en 2015 nous sommes passés à 1 semaine sur 2. Qui est un rythme qui nous convient à tous et que nous avons encore aujourd’hui.

J’ai rapidement déménagé afin d’entériner la décision. Tant que nous restions, Jaune et moi, dans le même appartement, impossible d’avancer chacun dans nos vies respectives.

S’en est suivi les galères de la vente de l’appartement que nous avions acheté ensemble à peine 2 ans auparavant. Les partages des fourchettes et des cuillères. Des voitures et du prêt. Les complications d’un divorce à prononcer entre deux pays, avec des lois légèrement différentes de chaque côté de la frontière. Cela a pris un peu de temps mais finalement nous y sommes arrivés.

Avoir des proches à qui parler

Avec le recul je me suis rendue compte que j’avais eu énormément de chance d’avoir une amie très proche, toujours disponible à qui parler. Elle ne me jugeait pas, elle ne m’a encouragé dans aucun chemin tant que je ne l’avais pas choisi moi-même, et elle m’a aidé à matérialiser ma décision quand ce fût le moment.

Alors mon meilleur conseil si tu es dans ce genre de situation : parles-en ! A ta meilleure amie, à ta mère ou à ta psy. Trouve une personne en qui tu as confiance et vide ta tête, demande de l’aide, soutiens-toi en faisant ce pas !