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Lorsque j’étais petite je demandais souvent à mes parents de me raconter leurs souvenirs d’enfance. Et je faisais la même chose avec mes grands-parents. Connaître mon histoire et celles de mes ancêtres a toujours été une demande naturelle de ma part. Mais au delà de la curiosité, voici pourquoi je trouve cela important à transmettre.

Le secret fait mal

Évidemment si c’est secret et que toi-même tu n’es pas au courant, tu ne vas pas le transmettre à tes enfants. Par contre s’il y a quelque chose, une situation ou une histoire de famille que tu n’oses peut-être pas raconter, je t’invite à te demander pourquoi et dans quelle intention exactement? Qui veux-tu protéger, ton enfant ou toi-même?

Bleue et Vert ont à peine 7 et 10 ans aujourd’hui. Il y a donc des histoires de famille que je ne leur ai pas encore raconté. Par exemple, mon arrière grand-mère maternelle est morte lors d’un avortement. Clandestin et réalisé par une faiseuse d’anges comme on les appelait à cette époque. Ce sujet je ne l’ai pas encore abordé avec eux tout simplement parce que le moment n’est pas encore venu. Rien dont nous n’avons parlé ensemble jusqu’à maintenant ne justifie que je leur donne cette information. Mais un jour je leur dirai. Parce que cela fait partie de leur passé et des mémoires conscientes et inconscientes qui existaient au moment de leur naissance. Parce que l’utérus des femmes de ma lignée maternelle est malmené et que je trouve important de se libérer de nos mémoires transgénérationnelles.

La parole libère.

Garder des informations secrètes c’est prendre le risque de conséquences importantes pour toute la famille.

Dire aux enfants qu’ils sont issus de l’amour

Je crois fondamentalement que, quelle que soit l’histoire de la naissance d’un enfant, leur arrivée sur Terre est issue de l’Amour.

Dans le cas de Bleue et Vert, qui ont donc des parents séparés, il a toujours été important pour moi de leur faire savoir que leur conception a été choisie et qu’ils sont nés dans une famille pleine d’amour.

Violette a été adoptée lorsqu’elle avait 13 mois. Le choix de sa famille biologique de la faire adopter est également une preuve d’amour, en lui permettant de vivre une vie qu’elle ne pouvait pas lui offrir.

Une grossesse non désirée mais menée à terme est un choix d’amour aussi.

Dans bien des pays, confier son enfant à une autre famille est un geste d’amour simple et habituel.

Ne pas vouloir d’enfant est un geste d’amour.

Avoir un enfant seule est un geste d’amour.

Vivre en sachant intimement dans chacune de nos cellules que notre histoire est parsemée de ces moments d’amour est un cadeau fabuleux.

Parler pour apprendre à parler

En racontant leur histoire aux enfants, je leur apprends que la parole libère. Parler de situations compliquées ou difficiles permet de mieux les appréhender, mieux les vivre. Je leur montre l’exemple d’une communication libre et légère sur tous les sujets de la vie.

Apprendre aux enfants à parler c’est leur permettre de savoir dire oui et de savoir dire non quand il le faut. C’est leur apprendre à ne pas garder un secret qui pourrait leur fait du mal et les détruire à petit feu (#metoo).

Et quand on ne sait pas?

Peut-être que tu n’as aucune information sur ta famille et tes ancêtres. C’est quelque chose dont tu peux parler. Raconter que tu ne sais pas, comment tu te sens avec cela et créer l’histoire de ta famille depuis ta génération à toi.

Il est aussi tout à fait possible de se libérer des mémoires transgénérationnelles lorsqu’on ne connait pas son passé. Mon amie Anne en parle très bien dans cette courte vidéo.

Libérons nos mots pour libérer nos maux!