Enfant TDA(H): guide complet de survie pour les parents

Je m’appelle Joëlle, je suis une maman qui présente un autisme léger avec un TDA, et j’ai trois magnifiques enfants, chacun avec ses particularités : mes deux garçons ont un TDAH et un TSA léger, et ma fille, après un AVC dans son enfance, vit avec un TDA.
Être parent dans ces conditions est un véritable défi. Mais je suis là pour partager avec vous des astuces et des réflexions tirées de mon propre vécu. Ces conseils, bien qu’issus de mon expérience personnelle (je ne suis ni médecin ni psychologue), m’ont permis de transformer mon quotidien et de renforcer ma relation avec mes enfants.
Bienvenue dans ce guide de survie destiné à tous les parents qui veulent une relation plus sereine avec leurs enfants atypiques.
Comprendre le TDA(H) : Au-delà des clichés
Table des matières
Un TDA(H) c’est un trouble du déficit d’attention avec ou sans Hyperactivité. Il s’agit d’un trouble neurologique caractérisé par des difficultés persistantes à maintenir l’attention, à contrôler l’impulsivité et à gérer l’hyperactivité.
Les causes exactes du TDAH ne sont pas encore entièrement élucidées, mais des recherches suggèrent que des différences dans le fonctionnement du cerveau, notamment au niveau des neurotransmetteurs comme la dopamine et la noradrénaline, pourraient jouer un rôle. Ces substances chimiques permettent aux neurones de communiquer entre eux, et un déséquilibre dans ces communications peut perturber les circuits neuronaux impliqués dans l’attention, la motivation et le contrôle de l’impulsivité.
Il est important de noter que le TDAH est un trouble complexe qui ne se limite pas à un simple déséquilibre chimique. Des facteurs génétiques, environnementaux et développementaux peuvent également contribuer à son apparition.
Le TDA ne s’accompagne pas toujours d’hyperactivité. C’est le cas pour ma fille et moi. Chez les personnes avec un TDA sans hyperactivité motrice, les difficultés se manifestent autrement, et elles peuvent être tout aussi impactantes au quotidien. Par exemple :
- La mémoire de travail est déficiente,ce qui complique la mémorisation immédiate et la gestion simultanée de plusieurs informations. Cela rend difficile le suivi des consignes ou la réalisation de tâches nécessitant plusieurs étapes.
- La difficulté à finir une tâche commencée est fréquente, car l’attention est constamment attirée par d’autres stimulis ou pensées.
- La désorganisation et la procrastination sont également très présentes, ce qui peut rendre les tâches du quotidien particulièrement stressantes.
Pourquoi votre enfant s’épuise pour rien (et ce n’est pas de la paresse)
L’effort constant qui vide les batteries
Qu’il s’agisse de TDA avec ou sans hyperactivité, les enfants atteints de ce trouble sont souvent fatigables. Pourquoi ? Parce qu’ils fournissent beaucoup plus d’efforts que les autres pour maintenir leur attention et leur concentration. Ces efforts constants peuvent les épuiser, physiquement et mentalement, et entraîner des moments de décrochage ou d’irritabilité.
Leurs super-pouvoirs cachés (qui changent tout !)
Le TDA(H) n’est pas qu’une liste de défis. C’est aussi une façon différente de voir le monde, avec des qualités incroyables que les autres n’ont pas. Chez nous, on les appelle les super-pouvoirs :
- Une créativité à toute épreuve : Leur cerveau fait des liens que personne d’autre ne voit. Ils trouvent des solutions originales à tout.
- Une curiosité insatiable : Ils veulent tout savoir, tout comprendre. Leur soif d’apprendre est un moteur incroyable.
- Un enthousiasme communicatif : Quand ils sont passionnés, ils emportent tout le monde dans leur énergie. C’est contagieux !
- La surfocalisation : un laser surpuissant : C’est leur super-pouvoir le plus méconnu. Quand un sujet les passionne, ils peuvent se concentrer des heures durant avec une intensité que les autres envient. Ils absorbent l’information comme une éponge.
Les tempêtes émotionnelles : mon guide de survie en 3 étapes
Pourquoi ces crise arrivent ?
La manifestation des crises est souvent due à un état émotionnel intense. Cela peut être causé par une longue journée à l’école où l’enfant doit rester assis et être attentif, une surcharge cognitive ou sensorielle, ou encore un besoin de se décharger.
Règle d’or : ne jamais réagir à chaud !
Nous, parents, on se sent agressés, et impuissants, donc souvent, on se met en colère car sur le moment nous n’avons pas la réponse. C’est peut-être difficile à faire, mais lors d’une crise, dans un 1er temps, est de ne pas réagir car si on intervient « à chaud « , on alimente la crise de son enfant.
Le Plan d’Action en 3 temps (Calme -> Discussion -> Réconfort)
Quand la tempête gronde, il ne faut pas improviser. Voici notre plan de bataille, testé et approuvé à la maison.
Etape 1 : Le Calme (D’ABORD, VOUS !)
Votre mission : Sortir de la tempête pour ne pas l’alimenter. L’enfant peut gérer sa crise, mais vous, vous devez gérer la vôtre.
- Pour vous : Quittez la pièce. Respirez. 3 à 5 minutes de cohérence cardiaque peuvent tout changer. Si possible, marchez dehors.
- Pour l’enfant : Donnez-lui un cadre sécurisant. Dites-lui fermement (mais sans colère) : « J’ai compris que tu es très fâché, mais je veux que ta colère et toi alliez dans ta chambre. »
Le principe clé : On ne peut pas apaiser quelqu’un si on est soi-même en ébullition.
Etape 2 : La Discussion (avec le « JE », pas le « TU »)
Votre mission : Expliquer, pas accuser. Le calme est revenu, place à la connexion.
- Exprimez votre ressenti : Utilisez le « JE ». Par exemple : « Je n’aime pas me fâcher contre toi, ça me fait de la peine. Mais parce que je t’aime, je ne peux pas te laisser décider de tout à la maison. »
- Soyez persistant(e) : Votre enfant vous tournera peut-être le dos. Ce n’est pas grave. Continuez à parler calmement. Il entend, même s’il ne montre rien.
- Le ton est tout : Votre voix doit être posée. Un enfant sent toujours l’agacement ou le mépris, même dans les mots les plus doux.
Le principe clé : La discussion n’est pas pour gagner une dispute, mais pour rétablir le lien.
Etape 3 : Le Réconfort (la réparation du lien)
Votre mission : Rassurer et pardonner. La crise est finie, maintenant on reconstruit.
- Validez ses émotions : Dites-lui que vous l’aimez « malgré » sa colère. En réalité, c’est « avec » sa colère, mais le mot « malgré » est souvent plus clair pour nous.
- Soyez son ancre : Rappelez-lui que vous serez toujours là pour lui.
- Le geste magique : Terminez par un gros câlin. Le contact physique répare ce que les mots ont abîmé.
Le principe clé : L’amour inconditionnel est le seul antidote à la honte que ressent l’enfant après une crise.
