Pourquoi mon enfant explose après l’école ?

Votre enfant explose après l’école : cris, pleurs, colères, agitations, alors qu’il a réussi à se contenir toute la journée en classe.
Beaucoup de parents se demandent pourquoi leur enfant ne tient plus une fois rentré à la maison, alors qu’il a “été sage” toute la journée.
Je vais vous parler de mon petit dernier qui a 10 ans. Mon fils a un TSA et un TDAH associés. Un cocktail qui peut s’avérer explosif parfois ! Vous comprendrez les raisons de ce besoin de décharger.
Un enfant qui se sur-adapte toute la journée
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Pour le cas de mon fils, à l’école, son hyperactivité ne se voit pas, c’est son manque de concentration et d’attention qui saute aux yeux de sa maîtresse.
Il prend énormément sur lui pour rester à sa place et faire comme les autres : imitation des codes sociaux (TSA), respect des règles, contrôle du corps .
Lors des récréations et de la séance sport, c’est l’occasion pour lui de se défouler mais toujours dans la mesure. Malgrè cela une surcharge cognitive s’installe. Cette adaptation forcée est émotionnellement et physiquement épuisante pour lui. S’ajoute également une surcharge sensorielle : le bruit, la lumière, l’agitation permanente. Tout cela explique pourquoi la fin de journée est si difficile à gérer émotionnellement. Les difficultés comportementales et de régulation émotionnelle chez les enfants TDAH ne sont pas une question d’éducation ou de manque de volonté, mais liées à un trouble du neurodéveloppement reconnu, comme l’explique l’INSERM.
Évidemment chaque enfant réagi différemment mais avec un TDAH et éventuellement d’autres troubles associés, cette surcharge est envahissante et fréquente.
A la maison : un espace sécurisé pour décharger
Bien entendu, une fois à la maison, c’est pour lui l’occasion d’exploser, de décharger tout ce qu’il a retenu dans la journée.
Pourquoi à la maison ? Et pourquoi pas en jouant dehors avec des copains ?
Parce qu’à la maison, il se sent en sécurité.
C’est paradoxal mais avec vous, votre enfant peut se permettre de décharger. Vous êtes son repère, son ancrage et sa base de sécurité.
En tant que parent, comment gérer cette tornade ?
C’est peut être déplaisant, mais il est souvent préférable de laisser son enfant décharger, car c’est physiologique. Son système nerveux en a besoin.
Ce que je mets en place à la maison
Dés que mon fils rentre de l’école, il jette son cartable, me demande le goûter, d’aller au city avec ses copains, de jouer aux jeux vidéo.
Après une collation, si l’occasion se présente, je le laisse jouer avec ses amis au city. Si ce n’est pas possible, je lui propose de jouer dehors avec lui ou faire une balade.
Je l’accompagne progressivement vers le calme : faire un jeu de société, discuter tranquillement de sa journée. Il m’arrive aussi de jouer aux jeux vidéo avec lui, car c’est important pour lui de me montrer ce qu’il aime. je lui propose également de faire venir un copain à la maison.
Malgré tout, les crises sont présentes, un rien va le frustrer. Après une journée entière à se maîtriser, il est à fleur de peau.
Dans ces moments là, je n’interagis pas avec lui : discuter est improductif, il n’est pas en capacité d’écouter. Lorsque je sens qu’il se calme, je viens lui parler doucement. S’il ne veut toujours pas, je respecte son besoin de distance. Plus tard, il revient vers moi pour m’expliquer ce qui ne va pas.
Ces explosions émotionnelles en fin de journée peuvent aussi avoir un impact important sur le sommeil. J’en parle plus en détail dans mon article sur le lien entre le TDAH et le sommeil.
Mes conseils pour les parents épuisés
Quand notre enfant décharge émotionnellement, notre cerveau se connecte en mode survie.
On se sent agressé, débordé et nos croyances limitantes les plus profondes refont surface.
La colère et la culpabilité s’entremêlent, et il arrive que l’on crie persuadé que c’est peut-être la seule façon de se faire entendre. Si vous vivez cela, sachez une chose : vous n’êtes pas seul.
Voici quelques pistes issues de mon expérience, pour que vous aussi puissiez vous sentir en sécurité face aux tempêtes émotionnelles de votre enfant.
Face à votre enfant : être un roc
Même si intérieurement ce n’est pas le cas, l’enfant à besoin de ressentir votre stabilité émotionnelle pour se sentir en sécurité. Votre calme extérieur l’aide à retrouver le sien.
En cas de crise, ne pas intervenir à chaud
Lorsque la colère est trop intense, parler ou raisonner est souvent inutile. Mieux vaut attendre que la tempête passe.
Intervenir lorsque la colère redescend
Quand l’intensité diminue, vous pouvez revenir vers lui, calmement, avec des mots simples, sans reproche.
Contenir physiquement si l’enfant le tolère
Avec les plus petits, et uniquement si l’enfant l’accepte, il peut être aidant de proposer un contenant physique rassurant : le prendre dans les bras, rassembler doucement ses bras et ses jambes, se balancer doucement.
👉 Ce geste doit toujours être sécurisant, non contraignant, et s’arrêter dès que l’enfant montre un inconfort.
Si votre enfant explose après l’école, ce n’est pas parce que vous avez échoué. C’est souvent parce qu’il se sent suffisamment en sécurité avec vous pour enfin lâcher prise.
