Parent atypique d’enfant TDAH: une fatigue invisible

Être parent atypique d’enfant TDAH génère une fatigue invisible, plus profonde, plus silencieuse et souvent incomprise… Si tu veux mieux comprendre mon fonctionnement, j’en parle plus en détail dans cet article :Mon quotidien de maman Aspi/TDA
Une fatigue invisible bien avant d’être parent
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Avant d’être maman, la fatigue était déjà bien présente. Mais à l’époque, je ne savais ni la comprendre, ni mettre des mots dessus. La surcharge cognitive et sensorielle faisait partie de mon quotidien, et elle était profondément épuisante.
À cela s’ajoutait une adaptation constante pour me fondre dans une norme qui n’était pas la mienne, celle d’un monde « neurotypique ». Dès le matin, cette fatigue était là, comme si elle m’attendait. Elle me vidait de mon énergie, au point de ressentir parfois, dès le début de la journée, l’envie de me recoucher.
Avec le temps, le besoin de comprendre et de changer les choses est devenu essentiel. J’ai commencé à lire, à me former, à chercher des réponses, autant pour moi que pour mes enfants. Aujourd’hui, je suis accompagnée par un professionnel qui m’aide à mettre des mots sur mon fonctionnement et à mieux me comprendre.
Etre parent d’un enfant TDAH : une intensité permanente
S’occuper d’un enfant TDAH demande une grande capacité d’adaptation et un ancrage solide. Les sollicitations sont constantes, les demandes s’enchaînent, et le rythme peut être difficile à suivre au quotidien.
En fin de journée, et jusqu’au coucher, mon fils a besoin de décharger tout ce qu’il a accumulé. J’ai appris à comprendre que ce n’est pas un comportement “exagéré”, mais un besoin réel. À cela s’ajoutent les frustrations, qu’il ne parvient pas toujours à gérer, ce qui intensifie encore ces moments.
Malgré ma fatigue, je fais de mon mieux pour rester patiente et à l’écoute. Mais je ne suis pas surhumaine. Moi aussi, j’ai besoin de relâcher la pression. Pour m’aider, je vais marcher, je pratique le renforcement musculaire et la méditation. Ces moments me permettent de me recentrer et d’être plus disponible pour ma famille.
Lorsque je ne prends pas ce temps pour moi, je le ressens rapidement. Je deviens moins réceptive, plus tendue, et il m’arrive de m’emporter. Ensuite viennent le sentiment d’être débordée… puis la culpabilité.
Une fatigue différente
Avec le temps, j’ai réalisé que cette fatigue est différente de celle que peuvent ressentir d’autres parents. Je ne dis pas que les autres ne sont pas épuisés, bien au contraire. Mais, en ce qui me concerne, je peux être rapidement submergée en cas de surcharge émotionnelle, physique ou sensorielle.
Là où certaines personnes récupèrent plus facilement, j’ai besoin de temps pour me reposer, me recentrer et évacuer toutes les émotions accumulées.
Être parent d’un enfant TDAH et TSA dans ces conditions, demande une adaptation constante. C’est comme devoir gérer deux équilibres en même temps : celui de son enfant… et le sien.
Culpabilité et incompréhension
Il n’y a pas si longtemps, je ressentais beaucoup de culpabilité, avec cette impression persistante de ne pas être à la hauteur.
Je me suis aussi souvent sentie incomprise par mon entourage, face à ma manière d’être avec mes enfants, ou parfois face à mes réactions… ou à mes non-réactions.
Cette fatigue, qu’elle soit sensorielle, physique ou mentale, est invisible. Et lorsqu’elle n’est pas perçue, elle peut renforcer ce sentiment d’isolement.
Peu à peu, j’ai compris que je n’étais pas seule à ressentir cela. Si toi aussi tu t’es déjà senti(e) dépassé(e), incompris(e), ou épuisé(e), alors tu sais de quoi je parle.
Aujourd’hui, avec le temps, j’ai trouvé un équilibre qui me correspond. Ce n’est pas parfait, mais c’est le mien. Et si j’ai réussi à avancer, à concilier ma vie de maman, mon travail et mon fonctionnement atypique… alors toi aussi, tu peux y arriver.
Avancer à son rythme, accepter ses limites et apprendre à s’accueillir tel que l’on est.
